Santé mentale et politique de la ville : enjeux et leviers – Santé mentale dans les quartiers : quels projets dans les territoires ?

Santé mentale et politique de la ville : enjeux et leviers – Santé mentale dans les quartiers : quels projets dans les territoires ?

Retranscription de la table ronde Santé mentale dans les quartiers : quels projets dans les territoires ?  lors de la journée « Santé mentale et politique de la ville : enjeux et leviers » du 9 novembre 2017, organisée par l’IREV hauts-de-France, La Fabrique Territoires Santé et le Centre National de ressources et d’appuis aux CLSM – CCOMS.

Participants :  Raghnia CHABANE, adjointe Politique de la ville, Mons en Baroeul et présidente du conseil intercommunal de santé, santé mentale et citoyenneté – Marie BOBOT, coordinatrice Conseil Local de Santé Mentale Val d’Oise Est – Djibril FAYE, coordonnateur Atelier Santé Ville de Creil – Audrey LISSY, coordinatrice du Contrat Local de Santé et du Dispositif de Réussite Éducative, Château-Thierry – Marina Lazzari, coordinatrice Conseil Local de Santé Mentale Lille.

A Château-Thierry (02) : une dynamique émergente au profit de la sante mentale

La ville de Château-Thierry, en complémentarité du contrat local de santé (CLS), a démarré récemment (été 2017) une démarche et une réflexion nouvelles quant à la prise en compte de l’enjeu de la santé mentale sur le territoire. Propices à ce questionnement, une volonté politique d’aller de l’avant sur le sujet ainsi qu’un rapprochement avec l’UNAFAM.

Différentes initiatives ou dynamiques de travail soutenues par l’ARS et la DDCS étayent cette volonté:

  • une réflexion enclenchée quant à la création d’un Conseil Local de Santé Mentale (CLSM) ;
  • le recrutement d’un adulte relais médiateur santé pour les deux quartiers prioritaires de la ville dont les missions incluent la santé mentale ;
  • un projet de diagnostic territorial de la santé mentale pour 2018 afin d’identifier des pistes d’action. Ce diagnostic devra cibler le territoire mais aussi la place de l’usager dans sa globalité que ce soit dans son parcours de vie et son parcours de soin, ainsi que l’économie du territoire (problématique de transports, besoins des équipes soignantes en termes d’accompagnement et de formation) ;
  • la réalisation d’une cartographie des différents partenaires et acteurs sanitaires, sociaux et politiques.

Le Conseil Intercommunal de Santé, Santé mentale et Citoyenneté : le témoignage de Mons-en-Baroeul

Un conseil de santé mentale mais pas que…

L’association intercommunale de santé, santé mentale et citoyenneté a été créée en janvier 2010 sous les statuts de la loi 1901 et rassemble cinq communes : Mons-en-Barœul, Ronchin, Hellemmes, Fâches Thumesnil et Lezennes. Quatre d’entre elles comptent des quartiers en géographie prioritaire.

Si ces territoires diffèrent en termes de population (certaines ont une population jeune, d’autres vieillissante), d’urbanisme ou d’histoire, c’est également le cas en ce qui concerne les déterminants de santé. Cette diversité des déterminants de santé a été mise en évidence par le diagnostic partagé réalisé lors de la création de l’association.

Ce conseil de santé mentale est donc le reflet de l’histoire de ces communes mais également  d’une volonté et d’une vision que les élus, les praticiens et les associations du territoire ont de cette thématique.

Les villes au cœur de la santé des habitants

Les élus qui composent le conseil de santé mentale considèrent que l’espace de la ville est celui où l’on peut aborder ces questions de santé dans leur globalité. La posture adoptée consiste à ne pas réduire la santé à la maladie et aux soins mais bien à la considérer comme englobant de nombreux paramètres qui conditionnent le bien-être et la qualité de vie tels que : les conditions de logement, une politique de transport adaptée, les conditions de travail…

C’est un positionnement global sur le bien-être des populations et le désir de cohésion sociale et d’égalité de tous sur le territoire qui préside à la démarche de l’association.

Obligations et ambitions du conseil intercommunal de santé, santé mentale et citoyenneté

Ce positionnement induit une triple obligation vis-à-vis des habitants les plus fragiles:

  • la veille ;
  • l’accompagnement ;
  • le soin.

« Conseil intercommunal de santé, santé mentale et citoyenneté : c’est pour cela que l’item santé mentale est précédé par l’item santé et suivi de l’item citoyenneté : il y a une continuité, il s’agit aussi de travailler sur l’insertion du point de vue du citoyen. »

 

Les ambitions du conseil intercommunal de santé sont multiples :

  • lutter contre les stigmatisations et discriminations en matière de santé ;
  • améliorer l’accompagnement et la prise en charge des personnes en développant le partenariat et le travail en réseau ;
  • contribuer au renforcement de l’offre de soins ;
  • favoriser la participation des usagers de la psychiatrie aux décisions qui les concernent.

Organisation du conseil intercommunal de santé, santé mentale et citoyenneté

L’association est structurée en quatre pôles :

  • Pôle habitat: l’association gère 23 logements qui permettent aux usagers de la psychiatrie de vivre dans les villes, seuls ou en colocation, de façon diffuse, c’est à dire que rien n’indique que les occupants du logement sont usagers de la psychiatrie.
  • Pôle de prévention et d’information santé: ce pôle organise des ateliers mieux-être, des temps de sensibilisation (prévention du suicide, équilibre alimentaire, prévention cancer…).
  • Pôle culture: l’association gère, en collaboration avec une galerie d’art de Hellemmes, un fonds de 500 œuvres d’art contemporain émanant d’artistes et d’un travail entre usagers et artistes.
  • Pôle contrat intercommunal de santé: il a vocation à s’inscrire dans la programmation politique de la ville.

La psychiatrie publique est un partenaire privilégié dans la mise en œuvre de l’association.

ZOOM SUR… Le contrat intercommunal de santé

 

Il est construit autour de quatre thématiques prioritaires :

  • la santé mentale ;
  • les conduites addictives ;
  • les déterminants de santé (activité physique, parentalité, alimentation) ;
  • le cancer.

Ces thématiques ont été déclinées en 23 actions qui concernent une ou plusieurs villes au regard de leurs besoins.
Exemples d’actions : ouverture d’un site multi accueil pour les personnes connaissant des addictions et leurs familles, dépistages des cancers auprès des usagers des centres sociaux.

Quelles actions pour les quartiers prioritaires ?

Les enjeux de la santé mentale dans les quartiers tels qu’ils sont abordés par l’association sont :

  • un enjeu de dépistage, d’accompagnement et de soin ;
  • un enjeu de déstigmatisation de la maladie mentale auprès des populations ;
  • un enjeu de la prise en charge globale : travailler à la prise en charge de l’ensemble des problématiques de santé.

Le déploiement des actions passe par un travail de partenariat local avec les CCAS, les centres sociaux, les maisons de quartier, les associations de quartier, les bailleurs (acteurs privilégiés sur les quartiers prioritaires), les services de la Ville (police municipale).

Les réponses apportées par le conseil intercommunal de santé : depuis environ trois ans des actions ont été intégrées qui s’inscrivent dans des thématiques du contrat de ville. Par exemple : un travail sur la culture dans les quartiers est mené avec des usagers de la psychiatrie.

L’association souhaite également mettre en place des actions permettant de développer la participation des usagers et des représentants de la psychiatrie, notamment à travers des actions d’information de la population des quartiers, impliquant les usagers et leur vécu.

« Le but est de passer, grâce à l’association, du concept de démocratie participative à des actions concrètes.»

 

Val d’Oise est : quand le conseil local de sante mentale et la politique de la ville convergent

Le conseil local de santé mentale du Val d’Oise Est s’organise à une échelle intercommunale comprenant quatre villes (Garges-lès-Gonesse, Sarcelles, Villiers-le-Bel et Goussainville), qui comptent elles-mêmes six quartiers politique de la ville pour deux contrats de ville.

Dans ces contrats de ville, l’enjeu de santé mentale est ainsi formulé : « La paupérisation grandissante des habitants se traduit aussi par des problématiques de santé mentale et une souffrance psycho-sociale à prendre en compte. ». La santé mentale est donc fléchée comme l’une des six thématiques prioritaires du contrat de ville ce qui fait converger la politique de la ville et les objectifs du CLSM.

Le CLSM reçoit une dotation politique de la ville, financée à moitié par les villes et à moitié par l’ARS pour le poste de coordonnateur. Le budget de fonctionnement revient sur la ligne politique de la ville.

Les Ateliers Santé Ville ont des objectifs d’action qui se recoupent avec ceux du CLSM d’où un travail en partenariat également motivé par le caractère étendu du territoire intercommunal. Une collaboration étroite qui permet la co-construction et un travail transversal sur les actions en faveur de la santé mentale.

À lille : l’échelon communal comme levier pertinent d’articulation des politiques de santé

 La nécessité de travailler sur les quartiers prioritaires

Un diagnostic des caractéristiques socio-économiques et des indicateurs d’état de santé des lillois a mis en évidence la nécessité de :

  • travailler sur les QPV ;
  • considérer la santé comme un facteur déterminant de développement territorial, de promoteur d’égalité des chances et de maintien de la cohésion sociale.

L’échelon communal a été retenu pour articuler les politiques de santé, de cohésion sociale, de repérage des besoins de santé de la population et de mise en synergie des acteurs locaux.

 

Les priorités du volet santé du contrat de ville

Le 11 décembre 2012, la ville de Lille signe le volet santé du contrat de ville formalisé par le contrat local de santé qui définit plusieurs priorités :

  • la création d’un atelier santé ville qui accompagne sur la ville de Lille la mise en œuvre des pôles ressources santé sur les quartiers prioritaire de Moulins, Fives, Lille sud, Faubourg de Béthune et Wazemmes ;
  • la création d’un conseil local de santé mental ;
  • la mise en place d’un contrat territorial de santé avec le département du Nord ;
  • l’adhésion au réseau ville santé de l’OMS ;
  • la dotation d’un budget permettant de financer des actions en lien avec les pôles ressources santé sur les quartiers, sur les thèmes de la santé et l’environnement, l’addiction, l’alimentation, la santé mentale.

Les dynamiques territoriales fortes nécessitent une étroite articulation entre les différentes actions.

Le conseil local de santé mentale en réaction à un constat local

Les permanences des élus dans les quartiers ont été l’occasion d’observer la nécessité de travailler sur le thème de l’habitat et de la santé mentale notamment sur la question du maintien dans le logement des personnes en situation de handicap psychique (plaintes, pétitions et signalements en raison de troubles du voisinage). Un constat qui a conduit à la nécessité de mettre en place une instance de concertation étroite entre les services municipaux (service santé, service hygiène, direction des solidarités de la santé, le contrat local de sécurité et de prévention de la délinquance, service petite enfance, service éducation), les acteurs de la psychiatrie et les usagers.

Objectifs et organisation du conseil local de santé mentale

En décembre 2012, le conseil local de santé mentale est signé par 12 membres fondateurs qui s’engagent autour d’objectifs communs :

  • favoriser la coopération et la coordination entre les acteurs du territoire ;
  • mobiliser les complémentarités dans les offres de soin ;
  • apporter des réponses fiables et adaptées aux populations ;
  • cibler les objectifs prioritaires des besoins des populations ;
  • contribuer à une politique d’information pour un meilleur accès aux soins ;
  • favoriser la déstigmatisation de la pathologie.

La place des usagers et leur représentation stratégique dans le CLSM sont des éléments fondamentaux qui sont abordés en lien avec l’UNAFAM, qui participe au comité de pilotage et également avec un groupe d’entraide mutuel (GEM). Toutefois, il reste du chemin à parcourir : en effet, si les représentants des usagers sont visibles ce n’est pas pour autant le cas des usagers eux-mêmes, qui n’ont pas encore leur place dans le travail collectif. Pour encourager cette représentativité, en lien avec les pôles ressources santé, une formation des ambassadeurs santé a été mise en place : assez semblable au principe des adultes relais sur les quartiers, des personnes se sensibilisent à des questions de santé spécifiques, notamment la santé mentale avec une première formation à « l’écoute active ».

Par ailleurs, le CLSM s’engage dans différents groupes de travail au sein desquels les acteurs associatifs interviennent au gré des thématiques :

  • habitat ;
  • soins sans consentement ;
  • prévention et accompagnement dépression post-natale ;
  • prévention du suicide.

D’autres actions permettent de travailler les représentations des pathologies de santé mentale comme les Semaines d’Information sur la Santé Mentale (SISM). Le rôle du CLSM est de fédérer les acteurs et de rendre cohérentes les politiques de santé sur un même quartier.

 

ZOOM SUR… L’action du CLSM dans le quartier de Lille sud

 

Quelques caractéristiques socio-économiques et indicateurs de santé de la population du quartier prioritaire Lille sud :

  • population jeune ;
  • 46% sous le seuil de pauvreté ;
  • 80% de personnes en location dans le parc social ;
  • une part importante de bénéficiaires de la CMUC ;
  • moindres consultations de spécialistes au profit essentiellement de consultations généralistes ;
  • prescriptions d’antibiotiques utilisées médicalement pour la dépendance alcoolique pourtant liée à la santé mentale.

 

C’est dans ce contexte qu’une instance spécifique a été déclinée, il y a maintenant quatre ans, au sein du CLSM : le conseil de secteur. Sa mise en place a été impulsée par un élu, président du conseil de quartier et par un médecin généraliste et chef de pôle psychiatrie : tous deux convenant de la nécessité de travailler étroitement sur les questions de santé mentale dans le quartier de Lille sud. En effet, des situations complexes et de souffrance psychique émergent au niveau de la mairie de quartier rendant nécessaire ce travail entre la psychiatrie et la mairie de quartier. Le travail porte sur l’habitat, le maintien dans le logement ainsi que sur la question des addictions dans un quartier particulièrement impacté par le trafic de drogue.

Sur l’addiction : la réflexion a été engagée avec dans un premier temps le souci de fédérer les acteurs. C’est dans ce contexte que la coordinatrice du dispositif de réussite éducative a été mobilisée afin de mener des actions de prévention précoce. Le rôle du DRE est très important sur ce chapitre puisque amené à identifier des accompagnements d’enfants qui sont signalés pas seulement pour des problématiques de santé. Une fois que le DRE est mobilisé il va travailler à l’accès à l’offre de soin notamment en pédopsychiatrie ; l’objectif est également de travailler les représentations de la santé mentale auprès des familles.

À Creil : une mobilisation partenariale et territoriale autour de la santé

Creil est la huitième commune la plus pauvre de France. Elle comprend trois quartiers prioritaires, et 35 000 habitants dont 23 000 dans ces quartiers. Le taux de chômage y est de 20% et 50% de la population vit des prestations sociales.

Une démarche de diagnostic lancée en 2009 et réalisée par l’observatoire régional de santé et du social a fait ressortir la santé mentale comme une problématique prioritaire au niveau municipal.

En réaction, les élus se saisissent de la question : un Atelier Santé Ville est mis en place en 2011, l’occasion d’enclencher un travail partenarial avec les associations d’usagers, l’UNAFAM, des professionnels de la santé, et les services municipaux dans le cadre de groupes de travail et la tenue de comités techniques. L’ASV porte sur les trois quartiers prioritaires de la ville.

Mis en place par l’intermédiaire du CCAS, ce dispositif cofinancé par l’Etat a pour but de :

  • contribuer à réduire les inégalités sur le territoire en initiant une démarche de promotion de la santé pour les populations les plus vulnérables en mettant en cohérence l’ensemble des actions sociales et de santé ;
  • coordonner les interventions des différents opérateurs sur le territoire ;
  • identifier les besoins du public ;
  • favoriser et augmenter l’accès aux soins ;
  • faciliter la prévention ;
  • créer un système de réseau entre associations à vocation sociale, associations médico-sociales, professionnels de la santé et institutions.

Un plan local de santé a permis depuis 2012 de déployer des actions selon différentes thématiques notamment des actions de prévention.

A partir de 2013 le CLSM est mis en place, financé par l’ARS et la politique de la ville.

Dans ce cadre-là, une charte partenariale a été rédigée ainsi qu’un règlement intérieur afin de baliser la gestion des situations sociales complexes. Le CLSM fonctionne grâce à une forte mobilisation des acteurs creillois (bailleurs sociaux, services municipaux, associations…).

Il travaille sur deux publics : les adolescents et les adultes.

Un lien renforcé à la politique de la ville. La rédaction du volet santé et santé mental du nouveau contrat de ville de l’ Agglomération Creil Sud Oise (ACSO) en reprenant l’ensemble des actions thématiques contrat local de santé de la ville de Creil, a été l’occasion de prioriser la santé mentale y compris pour les autres communes de l’agglomération.

 

Échanges avec la salle

  • La question du financement du CLSM est-elle un frein ?

« À Mons-en-Barœul le CLSM bénéficie d’un financement des villes, de l’ARS et l’EPSM. Il est nécessaire de régler cette question avant la création du CLSM pour garantir la pérennisation des actions. La sanctuarisation des financements nous donnent de la souplesse et allant pour aller chercher des financements supplémentaires auprès de diverses fondations. » – Raghnia Chabane.

 

« La particularité du financement est de financer le poste du coordonnateur mais pas le budget de fonctionnement, on doit s’appuyer sur les communes pour ces questions-là (salles, accueil café…) ; nous allons également chercher des financements en répondant aux appels à projet. » – Marina Lazzari.

  •  Y-a-t-il une mobilisation des CLSM dans le cadre de l’ANRU ?

« En tant que coordinatrice, j’ai été mobilisée par la MEL qui pilote des réunions SSI (suivi social individualisé) : le CLSM a été invité à travailler depuis un an et demi sur les situations individuelles présentées dans le cadre de la politique de relogement qui met à jour certaines situations liées à la santé mentale méconnues jusque-là.  Cela permet de d’activer les réseaux pour un travail en partenariat. » – Marina Lazzari.

  • Comment impliquer les élus sur la thématique de la santé mentale ?

« Il est nécessaire de rappeler aux élus que lorsque l’on s’occupe de bâti, d’une ville, cela concerne les individus qui méritent toute l’attention. Cela passe par des temps d’échanges, des formations afin que les élus puissent déconstruire les représentations et se saisir de ces questions-là ; certes c’est complexe mais ce n’est pas parce que c’est complexe qu’il ne faut pas s’en occuper. Parfois il y a des échecs mais il faut tout de même persévérer : notre rôle, malgré la lassitude que l’on peut avoir face à l’échec, c’est d’agir et d’assumer que parfois cela ne fonctionne pas. Parfois il suffit d’un élu moteur pour entrainer les autres. Il faut leur faire comprendre l’intérêt à agir sur ces questions. » – Raghnia Chabane.

 

« À Creil dès 2011 on a proposé aux élus d’adhérer à l’association Élus santé publique et territoires (http://www.espt.asso.fr/) : cela les a poussés à se saisir de cette problématique via des réunions de formation. » – Djibril Faye.

 

  • Quel statut des ambassadeurs santé ?

« Ces sont des habitants bénévoles qui fréquentent les pôles ressources santé et acceptent d’être formés pour porter des messages santé aux habitants du quartier. » – Marina Lazzari.

 

Témoignage d’un cadre supérieur de santé, CLSM ville de Soisson : « Les CLSM ont créé une vraie dynamique dans la ville ainsi que dans la psychiatrie et une bouffée d’oxygène en termes de citoyenneté. On se construit pas à pas. Les questions arrivent au fur et à mesure. Concernant la prévention primaire en termes de psychiatrie : c’est compliqué, sur la prévention secondaire quand la maladie est déclarée on est plus pertinent. On a fait une douzaine de cellules ressource, pour quatre d’entre elles on a eu communautairement une réponse immédiate, quatre réponses en attente, quatre sans réponse car ne relevant pas forcément d’une résolution de cellule ressource. »

 

Témoignages d’une chargée de mission sécurité des quartiers pour Pas-de-Calais Habitat (42 000 logements) « On fait peser une responsabilité aux bailleurs sociaux, qui à mon sens n’a pas lieu d’être à ce point. Quand nous interpellons les mairies quant à des locataires ayant une problématique de santé mentale, la responsabilité nous est renvoyée. Or, les mesures nous ne pouvons les prendre. On peut interpeller le juge des tutelles mais si l’on nous renvoie la responsabilité de la résolution du problème, nous ne pouvons rien. On ne sait plus quoi faire avec des difficultés que nous devons gérer au quotidien. »

 

Témoignage d’une chargée de mission chez SOLIHA « Une mission de psychologue clinicienne a été intégrée au sein des équipes sociales. Notre équipe comprend 70 travailleurs sociaux : depuis quelques mois des groupes de travail sous forme d’ateliers de réflexion ont été instaurés en interne, dont un groupe innovation sociale qui a fait ressortir le besoin d’accompagnement professionnel sur le traitement des questions de santé mentale. »

 

Pour accéder à l’intégralité du compte rendu de la journée « Santé mentale et politique de la ville : enjeux et leviers » du 9 novembre 2017 à Amiens Cliquez ici