La création d’un Conseil Local de Santé Mentale – Trois questions à Pauline Guezennec, chargée de mission au CCOMS

La création d’un Conseil Local de Santé Mentale – Trois questions à Pauline Guezennec, chargée de mission au CCOMS

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BBI*: En quoi la création d’un CLSM est-elle importante pour Boulogne-Billancourt?
Pauline Guezennec :
D’après l’OMS, 25 % de la population a ou aura un trouble psychique au cours de sa vie. La santé mentale est un état de bien-être dans lequel une personne peut se réaliser, surmonter les tensions normales de la vie, accomplir un travail productif et contribuer à la vie de sa communauté. Elle ne se résume pas qu’aux maladies psychiatriques telle que la dépression mais inclut également le stress, le mal-être, les problèmes de sommeil. C’est donc au niveau local et notamment des communes que l’on peut agir, grâce à une participation de l’ensemble des acteurs du territoire. La Ville a des leviers d’action en intégrant cette problématique dans les questions liées, au logement, aux affaires sociales, à la petite enfance, etc.

BBI: Quelles améliorations ou quelles aides concrètes un CLSM peut-il apporter?
P.G.: Via leur expertise, les membres du CLSM ciblent les thé- matiques ou les publics qui représentent une priorité. Cette intelligence collective permet des actions concrètes, innovantes et préventives. Il peut s’agir de créations de dispositifs, d’outils facilitant le travail des professionnels et permettant une prise en charge globale des personnes concernées. Une des missions du CLSM consiste à développer une prévention qui diminuerait l’apparition des troubles psychiques ou qui améliorerait l’accès aux soins. La lutte contre la stigmatisation est aussi un axe fort. Modifier les représentations sociales de la santé mentale auprès de la population facilite l’intégration des personnes qui souffrent de troubles psychiques. Ces dernières, par crainte d’être étiquetées, retardent parfois le recours aux soins…

BBI: Quelles sont les conditions de réussite d’un CLSM?
P.G.: La première condition est une implication politique forte et durable avec des élus convaincus de leur rôle pour l’amélioration de la santé mentale de la population. Avec le maire président, cela permet de créer une réelle démarche partenariale et horizontale, c’est l’ensemble des membres du CLSM (usagers, aidants, psychiatrie, bailleurs sociaux, Éducation nationale) qui vont construire et faire vivre le CLSM. (*) Centre collaborate

*Boulogne billancourt Information

 

Source : Boulogne Billancourt Information – janvier 2018