Retour sur les fondamentaux du PTSM par M. Laforcade – lors de la table ronde 1960-2019: du secteur de psychiatrie au territoire de santé mentale par M. Wonner, F. Bellivier, M. Laforcade – DIU SMC 2020

Retour sur les fondamentaux du PTSM par M. Laforcade – lors de la table ronde 1960-2019: du secteur de psychiatrie au territoire de santé mentale par M. Wonner, F. Bellivier, M. Laforcade – DIU SMC 2020

Martine Wonner, députée, Frank Bellivier, délégué ministériel à la santé mentale et psychiatrie et Michel Laforcade, directeur de l’ARS Nouvelle Aquitaine étaient invités, mardi 21 janvier à échanger sur le thème 1960-2019: du secteur de psychiatrie au territoire de santé mentale à l’occasion d’une table ronde du DIU Santé mentale dans la communauté 2020 lors de la session de Paris.

A cette occasion, Michel Laforcade a pris la parole sur les PTSM en rappelant les raisons qui ont conduits ces propositions autour des PTSM dans le décret de juillet 2017, les fondamentaux que l’on retrouve dans ce décret et les premiers éléments de bilan vue de l’ARS Nouvelle Aquitaine.

Retrouvez l’intégralité de la table ronde en vidéo ici : Chaîne Youtube du CCOMS

 

Et voici un bref compte rendu de l’intervention de Mr Laforcade, à propos des PTSM :

Rappel de ce qui a justifié le décret de juillet 2017 et notamment cette proposition autour des PTSM :

Si on repense à ce qu’était la psychiatrie avant, et ce qu’elle est toujours si j’en crois les rapports les plus récents :

  • Dans beaucoup de domaines il existe une diversité d’actions, de pratiques remarquables. Que ce soit dans les soins, le prendre soin, la réhabilitation sociale, les CMP exemplaires, du médico-social très investit. Ces choses remarquables sont – ou étaient peut-être – obligées de travailler presque incognito. « Pour faire des choses innovantes, vivons cachés, d’une certaine façon ». Comme si trop s’afficher allait bousculer l’équilibre fondateur de l’ensemble du secteur de la santé mentale.
    Tout ceci ne fait pas système – nous sommes en présence d’une hétérogénéité absolue.
  • Deuxième difficulté observée : Question du parcours. Nous sommes devant un changement de paradigme. Il fallait qu’un texte fondateur investisse ce sujet. Parce qu’on observe les cas particuliers, on observe trop souvent des ruptures de parcours. Cette dimension sociale et médico-sociale du prendre soin, qui manque la plupart du temps quand il y a une rupture de parcours. Les médecins, en tant qu’intervenants curatifs ont fait ce qu’il fallait faire sauf que si l’étayage social et médico-social n’est pas en place au moment où la personne sort de l’hôpital nous allons retrouver ce cycle infernal. Le système se concentre plus sur les symptômes cliniques qu’à toutes leurs conséquences sociales et médico-sociales (solitude, manque la force etc.)
  • Volonté de cultiver cette culture de la preuve au sein de la santé mentale et de la psychiatrie. Il faut s’inspirer de pratiques probantes – évaluées comme telle en France et dans d’autres pays. On doit pouvoir trouver des traces de la culture de l’évaluation dans les PTSM.

Quels sont les éléments fondamentaux que l’on retrouve dans ce décret ?

Notion de panier de services, d’offres de soin, de compétences, offerts à l’ensemble de la population – quel que soit l’endroit où on se trouve.

  • on doit retrouver l’étayage en matière de logements – c’est non discutable
  • en matière d’emplois
  • en matière de réhabilitation sociale et médico-sociale
  • toutes les dynamiques autour de la notion d’ALLER VERS – si importante en psychiatrie et en santé mentale. Aller vers physiquement, aller vers sémantiquement, aller vers psychologiquement
  • dimension sociale – que fait-on de la nécessité de travail avec les éducateurs & les assistants sociaux ?
  • se préoccuper des soins somatiques
  • est-ce qu’on fait de la télémédecine ?
  • notion de coordonnateur – qui ont une stature et une présence suffisante pour interpeller l’ensemble des gens qui gravitent autour de l’usager
    > nécessité de voir apparaître ces nouveaux métiers

Tout le décret doit être contenu dans le PTSM.
II est évident qu’il fait basculer le centre de gravité de l’hôpital intra-muros vers le domicile.

Il faut faire en sorte qu’il y ait une sorte d’exhaustivité des questions, mais aussi des réponses aux seins des PTSM.

Quelques éléments d’analyse/bilan vue de l’ARS Nouvelle Aquitaine des 1ers PTSM qui sont remontés – à ce jour

  • Atour du parcours : préoccupation très très présente. Il s’agit d’aller plus loin dans la logique de création de porte d’intervenant autour de la coordination.
  • Autour de la formation : peu de propositions car la formation relève plus d’une problématique nationale
  • Autour de la dé-stigmatisation : revalorisation des droits de la citoyenneté.

Nous souhaitons que tous les PTSM affichent une volonté très claire de développer les conseils locaux de santé mentale. C’est un des endroits fondateurs pour développer la citoyenneté, faire en sorte que les élus participent à la construction d’un univers accueillant – non stigmatisant pour les personnes qui relèvent de ses pathologies – gestion des cas particuliers dans l’intérêt des personnes.

En résumé, le PTSM est un outil d’action contre ses inégalités afin de promouvoir les droits de tous citoyens.